Texte en création.
TITRE DE LA PIÈCE : ET SI... J'AIMAIS.
Sara - 32 ans, d'apparence vulnérable, habillé de petite robe fleurie, petite camisole, petite sandale. Il est important que le costume dénote la fraicheur et la candeur qui sera contrastant avec la personnalité plutôt ironique et caustique de Sara.
Érika - 38 ans, militante, forte, fière, très féminine même dans ses vêtements plutôt masculins.
Jean - 38 ans, poète, doux tendre, heureux, solide.
Mic - 41 ans, ami et partenaire du groupe militant et révolutionnaire dont Érika fait partie.
Angelo - 35 ans, militant et révolutionnaire du même groupe.
RÉSUMÉ DE LA PIÈCE :
Sara est amoureuse d'Érika et Érika est amoureuse de Sara. Dans un pays où règne le chaos, où l'injustice et la violence semble de plus en plus maître des lieux, pays où la guerre civile menace d'éclater tous les jours, Érika a des idéaux qu'elle défend. Elle fait partie d'un groupe de révolutionnaire, avec Mic et Angelo. Chaque jour ils descendent dans la rue et se battent pour leurs idées de justice et leurs valeurs humanitaires. Sara elle rêve d'aimer sans menace de perdre, sans peur qu'on l'abandonne. Elle se tourne vers Jean, poète tendre et solide qui l'aime en douceur pendant qu'Érika se bat; pour elle, pour elles, pour eux, pour qui? Dans ce monde éclaté où tout est à défendre, y a-t-il encore une place paisible et sécurisante pour deux ?
QU'EST-CE QUE ÇA DIT :
Dans un monde où la violence est devenue journalière, où se déchirer fait partie du jeu, où l'autre n'est souvent que le miroir de nos ambitions, de nos peurs, de nos démons, un stand-by pour l'avenir. Reste-t-il une chance au bonheur? À quel prix ? Combien ça va coûter tout ça?
Décor
Un studio une pièce très simple quelque part dans une ville de France. Arrière scène à jardin un lit; à cour un peu plus en avant scène une commode en bois; avant scène-centre légèrement décalé vers jardin une table en bois à la ligne simple mais solide; quelques chaises en bois éparses; puis un vieux fauteuil vers cour; et une patère près de la porte du studio qui donne à cour. Accessoires; verres, bouteilles, assiettes, boites quelconques et vêtements. Tout doit avoir vécu et sembler exister depuis toujours. Pas de mur, une étendue vaste, vague. Au dessus de la scène, au moins six à huit pieds au dessus des acteurs, un cadre blanc pour la projection.
Avant ces scènes, il y en aura d'autres dans lesquelles nous rencontrerons Sara et Érika, nous comprendrons peut-être pourquoi Érika a si besoin de se battre et pourquoi Sara ne semble pas se battre du tout.
La fin de la scène précédente
Sara et Jean ont terminé la scène riant, enlacé et entremêlé dans les couvertures dans le lit du studio.
Scène ... ? (Avant-dernière du spectacle je crois...)
Érika - (provenant de l'extérieur du studio) Sara... Sara (émergeant dans le studio) Sara...
Elle découvre Sara dans le lit et Jean qui vient à peine d'en sortir qui enfile son jeans. Sara, elle, n'a pas bougé.
Érika va s'assoir sur une chaise de bois plutôt en avant-scène côté cour. Lentement Sara va se lever du lit, enfiler la chemise de Jean, qui lui terminera de se vêtir et se dirigera vers la porte pour partir. Sara le reconduit, l'embrasse sur le pas de la porte, il sort. Sara revient vers jardin, elle s'assoit sur la table. Tout cela sans qu'aucune parole n'ait été prononcée.
Érika - Y'a longtemps que tu le revois?
Sara - ...
Érika - (regardant Sara pour la première fois depuis son entrée) T'as jamais cessé?
Sara - Non.
Érika - Et merde! Allez bat toi Érika, pour un monde meilleur, espère l'amour, la vie! RÊVE ! T'aimes te faire baiser par son petit cul de poète c'est ça? C'est excitant?
Sara - ...
Érika - Tu ne réponds pas? T'es même pas foutue de me répondre! Il te raconte de belles et douces histoires d'amour qui te font du bien c'est ça? Il te promet le carrosse et le château espagnol? Et toi tu dis oui. Tu lui dis oui? Quand vous êtes au lit tu lui murmures des mots d'amour à lui? Bien sûr que non Sara, t'es pas foutue de murmurer des mots d'amour Sara, des mots d'amour tu en connais même pas. Il t'aime ?
Sara - Je ne sais pas.
Érika - ... ... C'est bien quand il t'enlace, quand il te touche, tu aimes?
Sara - (défiant Érika du regard) Oui. Beaucoup.
Érika s'approche vivement de Sara, on sent qu'elle va lui foutre une gifle. Érika s'empare de la tête de Sara de ses deux mains et elle l'embrasse. D'abord sauvagement. Sara reste de glace. Puis Érika s'adoucit de plus en plus et embrasse Sara beaucoup plus langoureusement. Le corps de Sara va réagir et se tendre de plus en plus vers Érika. Elle la désire et fond pour elle c'est évident. Érika relâche vivement Sara mais reste très près d'elle.
Érika - Alors Sara. C'est le rêve espagnol ou moi ?
Sara - (défiant Érika) Lui.
Érika balance une gifle retentissante à Sara. Elles reviennent face à face, se défiant du regard. Puis Sara se lève lentement, se dirige vers le lit, enfile un jeans, des sandales, se dirige vers la patère, prends son sac et va quitter la pièce
Sara - (regardant vers Érika) C'est certain que ne pas se battre et espérer, ce n'est pas très inspirant pour toi. Je rêve aussi. - Elle sort -
Érika n'a pas fait un geste, pas un regard pour Sara.
Érika, resté seule, est prise d'une rage folle, comme dans un grand vent elle va balancer, détruire tout ce qu'elle peut autour d'elle. Puis se calmant, froidement elle quitte le studio.
Noir sur scène. Sur l'écran sont projetées des images en noir et blanc d'enfants qui s'amusent, de gens heureux, de pique-nique le dimanche. À la bande sonore on entend une ritournelle enfantine. Puis lorsque l'on distingue la comédienne qui joue Érika de retour sur scène, allongé dans le lit que l'on aura avancé en avant-scène, à la bande sonore on entendra des coups de fusils retentissants et des cris de bagarre, puis la projection de termine comme si la bobine du film brûlait.
Érika est étendue sur les oreillers dans le lit, elle est ensanglantée, ses vêtements sont souillés de sang et elle a visiblement une grave blessure à la tempe et du sang sur le visage.
Mic est assis dans le fauteuil, un peu à l'écart.
En sourdine on entend un enregistrement de coups de feu et de cris de bagarre.
Sara entre en trombe et court vers le lit, suivi par Jean qui restera à l'écart avec Mic.
Sara - Merde, merde, merde (elle soulève un peu Érika et la prend près d'elle). Un médecin...
Mic - Non. Elle ne veut pas et c'est trop tard de toute façon.
Sara - Non.
Un temps
Sara - Qu'est ce qui c'est passé?
Mic - Rien... vraiment. Je ne sais pas. C'est arrivé.
Sara - Rien! Comme tous les autres jours! Rien! C'est arrivé. Merde.
Érika - (affaiblie) Sara, non. Tu t'affoles. (Petit sourire d'Érika) Reste près de moi.
Sara - Oui... oui je suis là. Qu'est-ce que t'as fait? La vie ça te disais plus?
Érika je suis désolée. Je ne pouvais pas... Je ne pouvais pas, c'était trop difficile... Je ne sais pas comment.
Je ne pouvais pas t'imaginer mourir tous les jours... et... t'aimer. Je voulais que tu me choisisses MOI! Juste moi!
Je suis ... Je ne peux pas te perdre... S'il te plait, reste avec moi. Je vais me battre pour nous. Je vais me battre pour toi... et pour moi. (La vie quitte Érika)
Ne t'en va pas.
Je t'aime (elle l'embrasse sur le front) Je t'aime (elle l'embrasse sur la tempe) Je t'aime (amoureusement elle embrasse Érika).
Noir.
Dernière Scène
Le jour se lève sur Sara, Jean, Mic et Angelo assis, silencieux, dans le studio. Érika n'est plus. En sourdine des cris de bataille et coups de fusil.
... à suivre.