Lily Blue, vitrine d'artiste entre ciel et terre

 

DÉSIR ...

Je sais que tu es là, tout près. Je ressens ta présence comme un frisson dans le bas de mon dos. Je me retourne et je croise ton regard de l'autre côté de la piscine. Dans tes yeux le même plaisir que dans les miens, le bonheur de se revoir enfin. Un sourire enjôleur sur les lèvres, je n'ai qu'une envie, les gouter.

Je déambule d'un groupe à l'autre, tu restes là. De tant à autre je sens ton regard sur mon corps et je me sens belle. J'aime cet espace temps qui nous sépare, promesse de volupté future, l'attente est exquise.

Nous voilà face à face, ton regard taquin rivé au mien.

Un temps qui semble être une éternité.

T : Salut.

M : Salut.

T : Ça fait longtemps.

M : Oui.

T : T'es magnifique.

M : C'est réciproque.

T : T'as envie qu'on aille faire un tour?

M : Oui.

Marche silencieuse. Côte à côte. Échange de regards, quelques sourires. Une entente tacite entre l'odeur de l'été qui se termine et le son des grillons.

 

À suivre

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DÉSIR

 

J'ai envie de toi.

J'ai envie que tu me regardes comme si tu avais espoir de caresser ma peau, de laisser couler tes doigts sur ma cuisse, remontant sur ma hanche, mon ventre, lentement sur un sein, effleurant ma gorge, escaladant mon menton te déposer sur ma bouche.

Tout cela je veux le voir dans ton regard. Je veux le ressentir dans ton souffle.  Fermer les yeux parce qu'emporté par le parfum de ta peau et m'imaginer au creux de ton cou...  

Entendre ton pas derrière moi, résonner ton rire... T'espérer au cœur de la foule, compter les heures, les minutes, les secondes... attendre tes mains sur ma peau, tes lèvres dans mon cou, ton corps contre le mien, tes jambes emmêlées aux miennes, mes seins contre toi ...

Je veux respirer au rythme de ton corps ondulant de plaisir, de caresses en caresses, tes lèvres à mes lèvres, ma langue cherchant la tienne...

Je veux entendre ton souffle se raccourcir, s'accélérer, se saccader, s'intensifier. Le désir envahir tes yeux, suave, impatient.

J'ai envie de toi.

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ABSURDE QUÊTE DE TOUT OU RIEN (réécriture)

Quelques changements... une évolution... partage des étapes d'un travail de réécriture...


Comédie absurde symboliquement existentielle!

Alphonse Laliberté, roi  acteur de tout ou rien.

Bernard Lavoie, metteur en scène.

Charles Lachute, critique de théâtre.

 

Endroit public. Place de la statue.

 

Charles est assis sur une chaise face public, il attend. Entre Bernard Lavoie, metteur en scène.

 

BERNARD, vers Charles

Où est-il?

 

CHARLES, haussant les épaules.

Je l'attends.

 

Ils attendent. Ils se regardent. Ils attendent.

 

BERNARD

Tu l'attends, donc.

 

CHARLES

Oui.

 

BERNARD

Tu mets du sel sur les épinards toi?

 

CHARLES

Parfois oui, parfois non.  Quand ils sont  croustillants je préfère les manger au naturel. Par contre lorsqu'ils sont un peu mous j'y ajoute du sel.

 

BERNARD

Oui c'est vrai que les mous c'est meilleur avec du sel. Je mange rarement mous. Je préfère croustillant.

 

Ils attendent. Ils se regardent. Ils attendent.

 

BERNARD

Et du beurre?

 

CHARLES

Je le préfère mou.

 

BERNARD

Ah oui, (sur un ton publicitaire) le beurre c'est bien meilleur! (Retour à l'intonation normale) Jaune.

 

CHARLES

C'est sûr. Croustillant il ne s'étend pas bien, le pain se déchire et cela (il sort de ses gonds) me met HORS DE MOI!! (Il se calme). Pas toi?

 

Bernard reste silencieux.  Entre Alphonse.

 

BERNARD

Ah le voilà!

CHARLES

Oui le voilà.

 

BERNARD, à Alphonse

Te voilà!

 

ALPHONSE

Me voilà. Enfin me voici.

 

BERNARD

Euh... oui, bon on commence.

 

ALPHONSE

Non.

 

BERNARD

Tu te mets juste ici et.... Comment, qu'est-ce que tu as dit?

 

CHARLES

Il a dit non.

 

ALPHONSE

J'ai dit non.

 

BERNARD

Non?

 

ALPHONSE, acquiesçant

Non.

 

CHARLES

Non. Niet. No. Nien!

 

BERNARD, continuant le mouvement de négation qu'il a entamé pour souligner sur l'énumération de Charles

Ah oui.

 

Ils attendent.

 

BERNARD, à Charles

Donc tu mets du beurre?

 

CHARLES

Non.

 

BERNARD, étonné

Jamais?

 

CHARLES

Jamais. Parce que quand il est mou il rend mouillé et j'aime croustillant.

 

BERNARD

Mais c'est moi le croustillant!

 

CHARLES

Ah... Oui...

 

Il ouvre la bouche pour parler, il cherche une réponse... il referme la bouche sans dire un mot de plus.

BERNARD, à Alphonse

Pourquoi?

 

ALPHONSE

Pourquoi quoi?

 

CHARLES, qui n'a pas remarqué que Bernard s'adresse à Alphonse

Pour le goût. Le sel c'est bon sans beurre.

 

BERNARD, ignorant Charles

Pourquoi non?

 

ALPHONSE

Parce que je suis roi.

 

BERNARD

Ah.

 

CHARLES, revenant à la conversation en cours

Ah oui bien sûr. Parce qu'il est roi et que l'amour triomphe toujours des bulldozers!

 

BERNARD

Non, non,  je ne comprends pas.

 

CHARLES, explicatif

Parce qu'il est roi. Roi de cœur et de trèfle ou de pic? Enfin... (Mimant et théâtrale) Roi de la tragédie... Roi de la comédie... Roi shakespearien... Roi grec... (Exalté) Roi de la gastronomie ou peut-être est-ce de la galaxie... heu non...

 

BERNARD, coupant Charles dans son exaltation

Oui,Oui, ça va. Mais pourquoi aujourd'hui, il est roi depuis le début.

 

CHARLES

Ah oui il est roi depuis le début de la seconde, de la minute, du jour, du monde, de l'existence.........

 

ALPHONSE, coupant Charles à nouveau

Parce qu'il se meurt.

 

BERNARD

Hein?

 

ALPHONSE

Le roi. Il se meurt.

 

BERNARD, à Charles

Tu y comprends quelque chose, toi? (Répondant pour Charles comme si c'était une évidence) Bien sûr que non!

 

CHARLES, presqu'insulté

Oui! Le roi se meurt.

 

BERNARD, à Alphonse

Tu vas mourir!?!

 

ALPHONSE

Jamais de la vie!

BERNARD

Ah quand même, c'est une bonne nouvelle!

 

CHARLES

Excellente nouvelle!

 

ALPHONSE, distrait

Oui, je suppose... c'est une très bonne nouvelle.

 

Un temps.

 

CHARLES, soudainement illuminé

AH!!  « Le Roi se meurt »!!!

 

BERNARD, frappant la couverture du livret de la pièce qu'il a à la main

Ah oui, « Le Roi se meurt »!!! D'accord. (Un temps) Mais c'est absurde.

 

ALPHONSE

La mort n'a rien d'absurde.

 

BERNARD

Non pas la mort, ta peur.

 

ALPHONSE

Quelle peur?

 

BERNARD

Celle de mourir.

 

ALPHONSE, outré

Je n'ai pas p...  Je ne veux pas c'est tout.

 

BERNARD

Parfait, puisque tu ne vas pas mourir.

 

ALPHONSE

Bien sûr que oui!

 

CHARLES

Ça c'est sûr, il va mourir. Je vais mourir, tu vas mourir, nous allons mourir (vers la salle) vous allez mourir, mou puis croustillant! La mort est inévitable!

 

BERNARD

Euh...  oui... mais pas maintenant... pas ici, ni aujourd'hui.

 

CHARLES

On ne sait pas. Une épidémie, la foudre, un train qui déraille, une maladie soudaine...

 

ALPHONSE, à Charles

Non. Je ne vais pas mourir de ces choses impossibles...

 

BERNARD

Ni d'incarner un personnage.

 

CHARLES, acclamation comme à la cour du roi

Le roi est un personnage! Vive le Roi!

 

ALPHONSE, incertain

Je ne suis pas un personnage?

 

BERNARD

Bien sûr que tu es un personnage. Tu es mon personnage.

 

ALPHONSE

Ton personnage va mourir.

 

BERNARD

Oui bon, c'est la vie. Alors on commence? Tu te mets ici et tu dis ton texte.

 

Charles  se rassoit sur la chaise pour regarder la répétition.

 

ALPHONSE, récitant son texte

« Je comprends. C'est un complot. Vous voulez que j'abdique. »

 

CHARLES, outré il se lève

Mais je n'ai rien comploté du tout! (Les deux autres le regardent, étonné. Charles comprenant soudain.)

Ah c'est le roi...le personnage...  (Acclamant comme à la cour du roi) Vive le Roi! Vive le personnage! (Reprenant sur lui.) Bon, bon, continuez. (Il se rassoit.)

 

ALPHONSE

Bon je reprends. « Je comprends. C'est un complot. Vous voul... » Non, non!  J'en étais sûr! (Pointant Charles)  Il le voit bien lui que je vais mourir. Voilà j'abdique...

 

CHARLES, acclamation comme à la cour à nouveau

Le Roi abdique!

 

ALPHONSE

(Il  prend le centre de la scène, les autres le regardent, il s'effondre.)  ...et je meurs.

 

CHARLES, acclamant toujours

Le personnage du roi est mort assassiné par la critique!

 

BERNARD

C'était une agitation bien inutile.

 

Un court temps.

 

CHARLES

Croustillant!

 

BERNARD

Mou!

 

CHARLES

Croustillant!

 

BERNARD

Mou!

 

CHARLES

Les carottes sont cuites.

 

 

 

ALPHONSE, se relevant

Je ne crois pas puisque je me sens vraiment bien, moi-même, pas du tout agité, (se touchant un peu partout comme pour ressentir son corps) non vraiment, je me sens incroyablement bien! Plus léger... plus vrai... authentique, athlétique, écologique...

 

CHARLES, acclamant

Vive le rrrr.... (Hésitant) Euh...  (Regardant Alphonse comme si il le voyait pour la première fois) Qui êtes-vous ? (à Bernard) Qui est-ce?

 

BERNARD

Je ne sais pas.

 

ALPHONSE

Mais je suis.... Je suis...

 

Il ne semble pas savoir qui il est.

 

BERNARD, sans tenir compte d'Alphonse, à Charles

Salés, croustillant et sans beurre?

 

ALPHONSE, hésitant et au travers des autres répliques

Je suis... je... suis... suis-je?

 

CHARLES, quittant le plateau avec Bernard

Un peu de beurre mou et non salé avec un peu de sel...

 

ALPHONSE, errant sur la scène qui s'assombrira jusqu'au noir

Je ... je ... j'ai... je...  me...meurs.

 

BERNARD

Ah c'est une idée...

 

ALPHONSE

De dé...

 

CHARLES, presque de la coulisse

Il ne viendra pas.

 

ALPHONSE, note : le « s » prononcé comme un « z » ici, ...za...

... sa...

 

BERNARD

Non, non il ne viendra pas.

 

 ALPHONSE

... roi.

 

Charles et Bernard rebroussent chemin vers le centre du plateau.

 

CHARLES

Où est-il?

 

BERNARD

Je l'attends.

 

Ils attendent. Ils se regardent. Ils attendent.

Noir.



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Absurde quête de tout ou rien

Comédie absurde symboliquement existentielle!

 

Alphonse Laliberté, ancien roi de Jalousie, rêveur acteur chercheur de bonheur, 52 ans.

Albert Lavoie, metteur en scène un peu chiant un peu dictateur, convaincu de la voie qu'il se donne, 50 ans.

Alfred Lachute, critique de théâtre, un peu naïf et malléable, avocat du diable et défenseur de la cause, 48 ans.

 

TABLEAU 11

Place de la statue, une seule chaise. Un homme est assis.

 

ALFRED

Assis sur la chaise, il attend.

Entre Albert Lavoie, metteur en scène.

 

ALBERT, vers Alfred

Où est-il?

 

ALFRED, haussant les épaules.

Je l'attends.

 

Ils attendent. Ils attendent. Ils se regardent. Ils attendent.

Alphonse entre.

 

ALBERT, à Alfred

Ah le voilà!

 

ALFRED

Oui le voilà.

 

ALBERT, à Alphonse

Te voilà!

 

ALPHONSE

Moi voilà. Enfin me voici.

 

ALBERT

Euh... oui, bon on commence.

 

ALPHONSE

Non.

 

ALBERT

Tu te mets juste ici et.... Comment, qu'est-ce que tu as dit?

 

ALFRED

Il a dit non.

 

ALPHONSE

J'ai dit non.

 

ALBERT

Non?

 

ALPHONSE

Non.

 

ALFRED

Non.

 

ALBERT

Ah.

 

Ils attendent. Ils se regardent. Ils attendent.

 

ALBERT

Pourquoi?

 

ALPHONSE

Pourquoi quoi?

 

ALBER T

Pourquoi non?

 

ALFRED

Oui pourquoi non?

 

ALPHONSE

Parce que je suis roi.

 

ALBERT

Ah.

 

ALFRED

Ah oui bien sûr parce qu'il est roi.

 

Un temps.

 

ALBERT

Non non je ne comprends pas. Pourquoi non?

 

ALFRED

Parce qu'il est roi.

 

ALBERT

Oui ça ça va. Mais il est roi depuis le début. Pourquoi aujourd'hui?

 

ALFRED

Ah oui tiens. Pourquoi aujourd'hui?

 

ALPHONSE

Parce qu'il se meurt.

 

ALBERT

Hein?

 

ALPHONSE

Le roi!

 

ALBERT

Quoi?

 

ALPHONSE

Il se meurt.

 

ALBERT

Qui ça?

 

ALPHONSE

LE ROI!

 

ALBERT, à Alfred

Tu y comprends quelque chose toi?

 

ALFRED

Le roi se meurt.

 

ALBERT, à Alphonse

Tu vas mourir!?!

 

ALPHONSE

Non puisque je ne jouerai pas.

 

ALBERT

Ah.

 

ALFRED

Hum.

 

Ils attendent.

 

ALFRED, soudainement illuminé

AH!! Le roi se meurt!!!

 

ALBERT

Ah oui Le roi se meurt!!! D'accord. (un temps) Mais c'est absurde.

 

ALPHONSE

Pas du tout! La mort n'a rien d'absurde.

 

ALBERT

Non pas la mort, ta peur.

 

ALPHONSE

Ma peur? Quelle peur?

 

ALBERT

Ta peur de mourir.

 

ALPHONSE

Je n'ai pas peur, je ne veux pas c'est tout.

 

ALBERT

Parfait, puisque tu ne vas pas mourir.

 

ALPHONSE

Bien sûr que oui!

 

ALFRED

Ça c'est sûr, il va mourir.

 

ALBERT

Euh... oui... oui... mais... pas maintenant... pas ici... aujourd'hui.

 

ALFRED

On ne sait pas.

 

ALPHONSE

Non parce que je ne jouerai pas ce roi qui meurt.

 

ALBERT

Exactement!

 

ALFRED

Exactement?

 

ALPHONSE

Voilà!

 

ALBERT

Oui exactement... le personnage pas l'acteur!

 

ALFRED

Oui le roi est un personnage.

 

ALPHONSE

Je suis le roi.

 

ALBERT

Non... enfin oui... mais pas celui-ci... enfin oui puisque tu l'es... mais pas le même... enfin pas complètement, pas tout à fait.

 

ALFRED

Ah.

 

ALBERT

Tu es un roi qui ne meurt pas et tu es un acteur qui joue un roi qui meurt.

 

ALPHONSE

Mais je suis un roi qui meurt.

 

ALFRED

Il a raison.

 

ALBERT

Oui, bon.

 

Ils cherchent. Ils attendent.

 

ALBERT

Bon on commence, tu te mets ici et tu dis ton texte.

 

Alfred se rassoit sur la chaise pour regarder.

 

ALPHONSE

« Je comprends. C'est un complot. Vous voulez que j'abdique. »

 

ALFRED, outré il se lève,

Mais je n'ai rien comploté du tout!

 

Ils le regardent étonné.

 

ALFRED, comprenant soudain

Ah c'est le roi... ah oui bon d'accord. Continuez. Il se rassoit.

 

ALPHONSE

Bon je reprends. « Je comprends. C'est un complot. Vous voul... » Non non voilà j'en étais sûr. Il le voit bien lui (pointant Alfred) que je vais mourir. Voilà j'abdique.

 

Alphonse prend le centre de la scène, les autres le regardent, il meurt.

 

ALBERT

Bon qu'est-ce que je deviens maintenant, sans acteur. Je ne suis plus rien.

 

ALFRED

Et mon papier moi. Qu'est ce que j'écris?

 

 

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Électre - tragédie contemporaine

Marion                

 Tu m’as toujours préféré ton père

Admets-le. Comme tu as toujours aimé les hommes

Il n’a toujours eu d’yeux que pour toi

Ah je ne t’en veux pas. Je comprends bien ton besoin d’exciter

et de t’en servir à tes fins. Quoiqu’à te voir comme ça

la faim n’a pas nourrit le moyen.

Je hais ton père! Même mort je le hais!

Mais je me rends bien compte

Qu’à travers lui j’ai haïs ces enfants.

 

Anna                    

On se croirait au théâtre grec tellement c’est tragique!

C’est trop tard, mère à moi que j’aime

À cause de ton cul, tu as tué mon père

Et pour baiser à volonté

Vendu mon frère!          

 

Marion                

Parce qu’il aurait fallu que je l’aime peut-être

Jamais il n’aurait accepté que je puisse être heureuse

Ton frère!

                                                               

Anna                    

Heureuse à voir ton salaud

Lui mettre la main dans le pantalon

Et avant, ou après, qu’il soit sorti de mon lit

Préférais-tu l’avoir dans le tien?

 

Marion                

Je lui suffisais. Jamais. Jamais

Il n’est sorti de ton lit pour rejoindre le mien.

 

Anna                    

Non, il sortait de moi pour se joindre à toi!

Même mort je le hais, tu disais.

 

Marion                

Il t’aime encore tu sais.

 

Anna                    

Ô le grand homme!

M’aimer? As-tu jamais osé

Aimer.

 

Marion                

Oui, j’aime!

Plus que tu ne seras jamais capable de le faire!

 

Anna                    

Je n’aime pas.

 

Marion                

Et que voulais-tu me montrer de si pressé?

 

Anna                    

Ta vie. Je veux te montrer ta vie.

C’est un cadeau. Juste pour toi. Viens.

(Elle l’entraîne vers la coulisse.)

Attention il ne faudrait pas que tu deviennes

soudainement émotive maman.

On ne saurait pas quoi faire de ça.

Viens, on va t’offrir.

Tu aimes ça t’offrir non?

Te donner.

Viens que je te donne.

Marion sort en coulisse.

 

Anna resté sur scène, dans une sorte d’extase

Allez mon frère, prends notre mère adorée.

Prends-là comme elle nous a tout pris.

Len-te-ment. La lame déchire la chair.

Enfonce! Comme il m’a défoncé.

Tout ce sang.  J’ai mal… Maman!

 

Provenant de la coulisse, simultanément ou en écho au cri d’Anna,

on entends expier Marion dans un cri funèbre.

Silence.

Manu ramène le corps de sa mère et le dépose comme une offrande

devant Anna.

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Et si j'aimais

Texte en création.

 

TITRE DE LA PIÈCE : ET SI...  J'AIMAIS.

Sara  -  32 ans, d'apparence vulnérable, habillé de petite robe fleurie, petite camisole, petite sandale. Il est important que le costume dénote la fraicheur et la candeur qui sera contrastant avec la personnalité plutôt ironique et caustique de Sara.

Érika -  38 ans, militante, forte, fière,  très féminine même dans ses vêtements plutôt masculins.

Jean  - 38 ans, poète, doux tendre, heureux, solide.

Mic  -  41 ans,  ami et partenaire du groupe militant et  révolutionnaire dont Érika fait partie.

Angelo  -  35 ans, militant et révolutionnaire du même groupe.

 

RÉSUMÉ DE LA PIÈCE :

Sara est amoureuse d'Érika et Érika est amoureuse de Sara. Dans un pays où règne le chaos, où l'injustice et la violence semble de plus en plus maître des lieux, pays où la guerre civile menace d'éclater tous les jours, Érika a des idéaux qu'elle défend. Elle fait partie d'un groupe de révolutionnaire, avec Mic et Angelo. Chaque jour ils descendent dans la rue et se battent pour leurs idées de justice et leurs valeurs humanitaires. Sara elle rêve d'aimer sans menace de perdre, sans peur qu'on l'abandonne. Elle se tourne vers Jean, poète tendre et solide qui l'aime en douceur pendant qu'Érika se bat; pour elle, pour elles, pour eux, pour qui?  Dans ce monde éclaté où tout est à défendre, y a-t-il encore une place paisible et sécurisante pour deux ?

QU'EST-CE QUE ÇA DIT :

Dans un monde où la violence est devenue journalière, où se déchirer fait partie du jeu, où l'autre n'est souvent que le miroir de nos ambitions, de nos peurs, de nos démons, un stand-by pour l'avenir. Reste-t-il une chance au bonheur? À quel prix ? Combien ça va coûter tout ça?

Décor

Un studio une pièce très simple quelque part dans une ville de France.  Arrière scène à jardin un lit; à cour un peu plus en avant scène une commode en bois; avant scène-centre légèrement décalé vers jardin une table en bois à la ligne simple mais solide; quelques chaises en bois éparses; puis un vieux fauteuil vers cour; et une patère près de la porte du studio qui donne à cour. Accessoires; verres, bouteilles, assiettes, boites quelconques et vêtements. Tout doit avoir vécu et sembler exister depuis toujours. Pas de mur, une étendue vaste, vague. Au dessus de la scène, au moins six à huit pieds au dessus des acteurs, un cadre blanc pour la projection.

Avant ces scènes, il y en aura d'autres dans lesquelles nous rencontrerons Sara et Érika, nous comprendrons peut-être pourquoi Érika a si besoin de se battre et pourquoi Sara ne semble pas se battre du tout.

La fin de la scène précédente

Sara et Jean ont terminé la scène riant, enlacé et entremêlé dans les couvertures dans le lit du studio.

 

Scène ... ? (Avant-dernière du spectacle je crois...)

Érika      - (provenant de l'extérieur du studio) Sara... Sara (émergeant dans le studio) Sara...

Elle découvre Sara dans le lit et Jean qui vient à peine d'en sortir qui enfile son jeans. Sara, elle, n'a pas bougé.

Érika va s'assoir sur une chaise de bois plutôt en avant-scène côté cour. Lentement Sara va se lever du lit, enfiler la chemise de Jean, qui lui terminera de se vêtir et se dirigera vers la porte pour partir. Sara le reconduit, l'embrasse sur le pas de la porte, il sort. Sara revient vers jardin, elle s'assoit sur la table. Tout cela sans qu'aucune parole n'ait été prononcée.

Érika      - Y'a longtemps que tu le revois?

Sara       -   ... 

Érika      - (regardant Sara pour la première fois depuis son entrée) T'as jamais cessé?

Sara       - Non.

Érika      - Et merde! Allez bat toi Érika, pour un monde meilleur, espère l'amour, la vie! RÊVE ! T'aimes te faire baiser par son petit cul de poète c'est ça? C'est excitant?

Sara       - ...

Érika      - Tu ne réponds pas? T'es même pas foutue de me répondre! Il  te raconte de belles et douces histoires d'amour qui te font du bien c'est ça? Il te promet le carrosse et le château espagnol? Et toi tu dis oui. Tu lui dis oui?                 Quand vous êtes au lit tu lui murmures des mots d'amour à lui? Bien sûr que non Sara, t'es pas foutue de murmurer des mots d'amour Sara, des mots d'amour tu en connais même pas. Il t'aime ?

Sara       - Je ne sais pas.

Érika      -  ...  ... C'est bien quand il t'enlace, quand il te touche, tu aimes?

Sara       - (défiant Érika du regard) Oui. Beaucoup.

Érika s'approche vivement de Sara, on sent qu'elle va lui foutre une gifle. Érika s'empare de la tête de Sara de ses deux mains et elle l'embrasse. D'abord sauvagement. Sara reste de glace. Puis Érika s'adoucit de plus en plus et embrasse Sara beaucoup plus langoureusement. Le corps de Sara va réagir et se tendre de plus en plus vers Érika. Elle la désire et fond pour elle c'est évident. Érika relâche vivement Sara mais reste très près d'elle.

Érika      - Alors Sara. C'est le rêve espagnol ou moi ?

Sara       - (défiant Érika)  Lui.

Érika balance une gifle retentissante à Sara. Elles reviennent face à face, se défiant du regard. Puis Sara se lève lentement, se dirige vers le lit, enfile un jeans, des sandales, se dirige vers la patère, prends son sac et va quitter la pièce

Sara       -  (regardant vers Érika)  C'est certain que ne pas se battre et espérer, ce n'est pas très inspirant pour toi. Je rêve aussi. - Elle sort -

 Érika n'a pas fait un geste, pas un regard pour Sara.

Érika, resté seule, est prise d'une rage folle, comme dans un grand vent elle va balancer, détruire tout ce qu'elle peut autour d'elle. Puis se calmant, froidement elle quitte le studio.

 

Noir sur scène. Sur l'écran sont projetées des images en noir et blanc d'enfants qui s'amusent, de gens heureux, de pique-nique le dimanche. À la bande sonore on entend une ritournelle enfantine. Puis lorsque l'on distingue la comédienne qui joue Érika de retour sur scène, allongé dans le lit que l'on aura avancé en avant-scène, à la bande sonore on entendra des coups de fusils retentissants et des cris de bagarre, puis la projection de termine comme si la bobine du film brûlait.

 

Érika est étendue sur les oreillers dans le lit, elle est ensanglantée, ses vêtements sont souillés de sang et elle a visiblement une grave blessure à la tempe et du sang sur le visage.

Mic est assis dans le fauteuil, un peu à l'écart.

En sourdine on entend un enregistrement de coups de feu et de cris de bagarre.

Sara entre en trombe et court vers le lit, suivi par Jean qui restera à l'écart avec Mic.

 

Sara - Merde, merde, merde (elle soulève un peu Érika et la prend près d'elle).  Un médecin...

Mic - Non. Elle ne veut pas et c'est trop tard de toute façon.

Sara - Non.

Un temps

Sara - Qu'est ce qui c'est passé?

Mic - Rien... vraiment. Je ne sais pas. C'est arrivé.

Sara - Rien! Comme tous les autres jours! Rien! C'est arrivé. Merde.

Érika - (affaiblie) Sara, non. Tu t'affoles. (Petit sourire d'Érika) Reste près de moi.

Sara - Oui... oui je suis là. Qu'est-ce que t'as fait? La vie ça te disais plus?

Érika je suis désolée. Je ne pouvais pas... Je ne pouvais pas, c'était trop difficile... Je ne sais pas comment.

Je ne pouvais pas t'imaginer mourir tous les jours... et... t'aimer. Je voulais que tu me choisisses MOI! Juste moi!

Je suis ... Je ne peux pas te perdre... S'il te plait, reste avec moi.  Je vais me battre pour nous. Je vais me battre pour toi... et pour moi. (La vie quitte Érika)

Ne t'en va pas.

Je t'aime (elle l'embrasse sur le front) Je t'aime (elle l'embrasse sur la tempe) Je t'aime (amoureusement elle embrasse Érika).

 

 

Noir.

 

Dernière Scène

Le jour se lève sur Sara, Jean, Mic et Angelo assis, silencieux, dans le studio. Érika n'est plus. En sourdine des cris de bataille et coups de fusil.

... à suivre.

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Conversation

Lys - Le savais-tu?

Rose - Quoi

Lys - Ben ...

Rose - Ah ça.

Lys - Ouin.

Rose - Non.

Lys  - Non!

Rose - Ben non.

Lys - Ah bon.

Rose - Pourquoi?

Lys - Pourquoi quoi?

Rose - Ben...

Lys - Ah ça.

Rose - Ouin.

Lys - Rien.

Rose - Rien?

Lys - Rien.

Rose - Ah bon.

Elles sortent.

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Folie culinaire

Discours

Un homme - Je crois en la malbouffe, aux sacs de chips graisseux, à la friture et au hamburger. Je crois qu'il est faux de dire que bien manger est bon pour la santé. Je crois que la liberté de manger ce qu'il nous plait est bien supérieur comme effet bénéfique sur l'être humain que la privation et la censure du désir primal que la sensation de manger une poutine à 4 heures du matin après une soirée bien arrosée, procure. Je crois que priver un enfant de sucreries nuit à son bonheur. Le rayonnement dans les yeux et le bonheur sur la langue d'un gigantesque suçon ou la fonte de la barbe à papa sur les papilles sont bien supérieurs et meilleurs pour la santé du cœur qu'une branche de brocoli qui se flétrit dans le contenant en plastique gris du lunch d'un enfant le midi. Je crois en la liberté des aliments et la relation qu'ils entretiennent avec le corps humain.

Plus tard ce jour là...

L'homme - Tu veux des frites pour dîner?

L'enfant - Ils ont dit à la télé qu'il fallait manger cinq fruits et légumes par jour.

L'homme - Ben oui... des frites ça vient de la ...

L'enfant - La patate!

L'homme - Et la patate c'est un ...

L'enfant - Légume!

L'homme - Yes bonhomme, et un légume de moins à manger pour aujourd'hui!

L'enfant - Avec du ketchup.

L'homme - Avec du  ketchup. Qui vient de la ...

L'enfant - Tomate!

L'homme - Qui est un...

L'enfant - Fruit!

L'homme - Non. Un légume.

L'enfant - Ah non la tomate c'est un fruit!

L'homme - Un fruit, un légume...you say  tomato... I say tomâto... you say potato... I say potâto... Alouette gentille alouette... Hééé Goodbye... I love you in the morning and underneath the moon!

L'annonceur  - Le bonheur est dans la sauce et dans la barbe à papa!

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Japons, japez, japissent

George-Alphonse, fumeur de pipe, super rigide et obsédé par les mots du dictionnaire

Un clown triste et heureux

Au coin de la rue de l'Église et de la rue Principale d'un village quelque part

George-Alphonse, fumant une pipe, est assis sur un banc devant une église. Il lit un journal et un dictionnaire est ouvert à ses côtés. Un clown le rejoint.

G.A - Ah tiens tu vas m'aider. Trouve dans cette page de journal tout les mots qui soulignent le mécontentement, la colère ou la frustration. Quand tu les trouves tu les entoures avec le crayon feutre noir et tu les soulignes dans le dictionnaire avec le crayon rouge.

Le clown - (mécaniquement) M-o-t  d-e  mé-con-ten-te-ment. En-cer-clé en noir et sou-li-gné en rou-ge.

G.A - Ah tiens (échangeant la feuille de journal du clown) Non prends cette feuille-ci. Y'a une nouvelle guerre en Jabousie, y devrait y'avoir pas mal de bons mots là-dedans. (enjoué) Y'a toujours des bons mots à soulignés en rouge dans les guerres de Jabousie.

Le clown - C'est tris-te.

G.A - (étonné) Triste ? Comment triste ? C'est pas triste il faut finir de souligner ce dictionnaire-ci avant la fin de la Paix en Russalie. Dépêche... (en sortant de scène) la paix la paix comme ci on avait besoin de ça!

Le clown regarde son journal et sourit.

 

Ce texte est un exercice d'écriture ultra-rapide sans censure ni re-lecture avec contrainte... je vous passe les détails mais bon voyons c'qu'on peut en faire ensemble! En écrire un autre petit bout ça vous dit ? Allez... une création collective!!

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Vide

Noir

 

Clic, Carole allume une lumière rouge sur scène puis elle s'allume une cigarette. Elle se trouve au milieu de son walk-in closet, entouré de nombreux vêtements. Elle retire son peignoir vert et elle détache de la bretelle de sa brassière l'insigne portant son nom. Dans la garde-robe se trouve parmi les vêtements jonchant le sol, un mannequin masculin. Elle amorce un jeu de cache-cache avec le mannequin.

 

Carole - (elle chante)

                   I want to be love by you

                   Nobody else but you

                   I want to be kiss by you

                   Poop poop pi dou

Elle tend l'oreille.

 

Carole - Alain... Alain... Alain... Alinou... T'es où ?

Carole se déplace dans la garde-robe, on ne distingue que le bas de ses jambes.

Carole - you hou Alinou.

Silence.

Carole est un peu désorientée par ce long silence, comme si elle s'était attendu à ce que quelqu'un lui réponde. Comme si elle l'avait souhaité.

Carole - dans un grand éclat de rire - Ma vieille t'es complètement craque pot. Elle éteint sa cigarette et se dirige vers un vêtement accroché sur un cintre. Elle sort de la poche d'un coat d'habit un petit contenant de plastique transparent, un contenant à pilule. Elle le porte à ses lèvres et l'embrasse. Elle prend ensuite le coat d'habit le porte à son nez pour en humer l'odeur, en le tenant contre elle, elle enchaîne quelque pas d'une valse hésitante. Puis elle va habiller le mannequin avec le manteau.

Carole - prenant au sol un chapeau melon défraichit qu'elle dépose sur la tête du mannequin et lui faisant amoureusement un nœud de cravate - Tu me manques tellement...

Lentement elle s'allume une cigarette. Puis reporte son regard sur la fiole qu'elle observe quelques secondes pour ensuite reporter son regard sur le mannequin.

Carole - T'sé Alain que ça fait quatre ans aujourd'hui. Exactement quatre ans dans une heure et 7 minutes. Pis c'est pareil que si c'était hier. J'y arrive pas Alain, plus j'essaye et moins j'y arrive. C'est un trou, un noir, gros comme... comme... gros en tous cas. Mes jambes marchent pour rien... mes yeux s'ouvrent pour rien... ma respiration respire pour rien. J'ai pu rien. Chus rien.

Elle regarde la fiole transparente qu'elle serre toujours dans sa main.

Carole - regardant le mannequin - Tellement beau ! Tes yeux... ta bouche... tes cheveux... - Elle ferme les yeux pour mieux voir. Un temps. - Tes mains... Ton rire - un temps - Puis  - Je l'entends pu. J'entends pu ton rire Alain! Alain rit, rit c'est important, j'peux pas perdre ton rire... ton rire c'est ... - regardant le mannequin elle lui cri -  Rit!

Se dirigeant rapidement vers le mannequin et se jetant à ses pieds.

Carole - J'm'excuse, j'voulais pas te crier après, j'voulais pas j'm'excuse. Je... c'est juste que je... je j'sé pu. J'entends pu ton rire Alain. Ta voix c'est déjà presque un murmure... chus même pas sûr que c'est vraiment la tienne. J'ai tellement besoin d'entendre ta voix. Tellement besoin.

Elle regarde la fiole dans sa main. Longtemps. Puis elle ouvre le couvercle. Puis on entend doucement comme le murmure d'un rire masculin dans le lointain.

Carole - levant la tête vers le mannequin - Alain ?

 

Noir.

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