Lily Blue, vitrine d'artiste entre ciel et terre

 

Électre - tragédie contemporaine

Marion                

 Tu m’as toujours préféré ton père

Admets-le. Comme tu as toujours aimé les hommes

Il n’a toujours eu d’yeux que pour toi

Ah je ne t’en veux pas. Je comprends bien ton besoin d’exciter

et de t’en servir à tes fins. Quoiqu’à te voir comme ça

la faim n’a pas nourrit le moyen.

Je hais ton père! Même mort je le hais!

Mais je me rends bien compte

Qu’à travers lui j’ai haïs ces enfants.

 

Anna                    

On se croirait au théâtre grec tellement c’est tragique!

C’est trop tard, mère à moi que j’aime

À cause de ton cul, tu as tué mon père

Et pour baiser à volonté

Vendu mon frère!          

 

Marion                

Parce qu’il aurait fallu que je l’aime peut-être

Jamais il n’aurait accepté que je puisse être heureuse

Ton frère!

                                                               

Anna                    

Heureuse à voir ton salaud

Lui mettre la main dans le pantalon

Et avant, ou après, qu’il soit sorti de mon lit

Préférais-tu l’avoir dans le tien?

 

Marion                

Je lui suffisais. Jamais. Jamais

Il n’est sorti de ton lit pour rejoindre le mien.

 

Anna                    

Non, il sortait de moi pour se joindre à toi!

Même mort je le hais, tu disais.

 

Marion                

Il t’aime encore tu sais.

 

Anna                    

Ô le grand homme!

M’aimer? As-tu jamais osé

Aimer.

 

Marion                

Oui, j’aime!

Plus que tu ne seras jamais capable de le faire!

 

Anna                    

Je n’aime pas.

 

Marion                

Et que voulais-tu me montrer de si pressé?

 

Anna                    

Ta vie. Je veux te montrer ta vie.

C’est un cadeau. Juste pour toi. Viens.

(Elle l’entraîne vers la coulisse.)

Attention il ne faudrait pas que tu deviennes

soudainement émotive maman.

On ne saurait pas quoi faire de ça.

Viens, on va t’offrir.

Tu aimes ça t’offrir non?

Te donner.

Viens que je te donne.

Marion sort en coulisse.

 

Anna resté sur scène, dans une sorte d’extase

Allez mon frère, prends notre mère adorée.

Prends-là comme elle nous a tout pris.

Len-te-ment. La lame déchire la chair.

Enfonce! Comme il m’a défoncé.

Tout ce sang.  J’ai mal… Maman!

 

Provenant de la coulisse, simultanément ou en écho au cri d’Anna,

on entends expier Marion dans un cri funèbre.

Silence.

Manu ramène le corps de sa mère et le dépose comme une offrande

devant Anna.

Vos commentaires

1 Le Jeudi 1 Mai 2008 à 12:39 GMT-4, par carOlinade

Outch ! Tragédie moderne, comme il en existe dans la vraie vie, malheureusement. Dis, y'a une pièce en construction autour de cette scène ?

2 Le Jeudi 1 Mai 2008 à 14:00 GMT-4, par Lilyblue

@carolinade
Bien vue !!
1- je suis partie d'un fait divers qui est arrivé pas très loin de chez toi en février :
''Un adolescent de 17 ans tue sa mère à coup de couteau.''
2- tragédie théâtrale aussi parce qu'inspirée D'Électre d'Euripide.
3- aussi inspirée de Les exclus... petit roman d'Elfriede Jelinek romancière autrichienne.
4 - pour l'instant un projet de mise en scène et d'écriture qui pourrait bien devenir plus que projet!!

C'est bien que tu sois de retour... tu m'as manqué!!
xx

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Cet article ne peut faire référence à d'autres publications.

Commenter cet article

*


Pour être sûr... combien font 1 + 3 ? *

Se souvenir de moi


Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Votre commentaire sera affiché en texte brut à l'exception des liens

Créer un blog sur MaBulle. | C.G.U. - Copyright | Signaler un abusContacter l'auteurVisiter le blog parrain http://azaliah.mabulle.comVoir des blogs de la thématique: Artistes et célébrités