Lily Blue, vitrine d'artiste entre ciel et terre

 

DÉSIR

 

J'ai envie de toi.

J'ai envie que tu me regardes comme si tu avais espoir de caresser ma peau, de laisser couler tes doigts sur ma cuisse, remontant sur ma hanche, mon ventre, lentement sur un sein, effleurant ma gorge, escaladant mon menton te déposer sur ma bouche.

Tout cela je veux le voir dans ton regard. Je veux le ressentir dans ton souffle.  Fermer les yeux parce qu'emporté par le parfum de ta peau et m'imaginer au creux de ton cou...  

Entendre ton pas derrière moi, résonner ton rire... T'espérer au cœur de la foule, compter les heures, les minutes, les secondes... attendre tes mains sur ma peau, tes lèvres dans mon cou, ton corps contre le mien, tes jambes emmêlées aux miennes, mes seins contre toi ...

Je veux respirer au rythme de ton corps ondulant de plaisir, de caresses en caresses, tes lèvres à mes lèvres, ma langue cherchant la tienne...

Je veux entendre ton souffle se raccourcir, s'accélérer, se saccader, s'intensifier. Le désir envahir tes yeux, suave, impatient.

J'ai envie de toi.

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Absurde quête de tout ou rien

Comédie absurde symboliquement existentielle!

 

Alphonse Laliberté, ancien roi de Jalousie, rêveur acteur chercheur de bonheur, 52 ans.

Albert Lavoie, metteur en scène un peu chiant un peu dictateur, convaincu de la voie qu'il se donne, 50 ans.

Alfred Lachute, critique de théâtre, un peu naïf et malléable, avocat du diable et défenseur de la cause, 48 ans.

 

TABLEAU 11

Place de la statue, une seule chaise. Un homme est assis.

 

ALFRED

Assis sur la chaise, il attend.

Entre Albert Lavoie, metteur en scène.

 

ALBERT, vers Alfred

Où est-il?

 

ALFRED, haussant les épaules.

Je l'attends.

 

Ils attendent. Ils attendent. Ils se regardent. Ils attendent.

Alphonse entre.

 

ALBERT, à Alfred

Ah le voilà!

 

ALFRED

Oui le voilà.

 

ALBERT, à Alphonse

Te voilà!

 

ALPHONSE

Moi voilà. Enfin me voici.

 

ALBERT

Euh... oui, bon on commence.

 

ALPHONSE

Non.

 

ALBERT

Tu te mets juste ici et.... Comment, qu'est-ce que tu as dit?

 

ALFRED

Il a dit non.

 

ALPHONSE

J'ai dit non.

 

ALBERT

Non?

 

ALPHONSE

Non.

 

ALFRED

Non.

 

ALBERT

Ah.

 

Ils attendent. Ils se regardent. Ils attendent.

 

ALBERT

Pourquoi?

 

ALPHONSE

Pourquoi quoi?

 

ALBER T

Pourquoi non?

 

ALFRED

Oui pourquoi non?

 

ALPHONSE

Parce que je suis roi.

 

ALBERT

Ah.

 

ALFRED

Ah oui bien sûr parce qu'il est roi.

 

Un temps.

 

ALBERT

Non non je ne comprends pas. Pourquoi non?

 

ALFRED

Parce qu'il est roi.

 

ALBERT

Oui ça ça va. Mais il est roi depuis le début. Pourquoi aujourd'hui?

 

ALFRED

Ah oui tiens. Pourquoi aujourd'hui?

 

ALPHONSE

Parce qu'il se meurt.

 

ALBERT

Hein?

 

ALPHONSE

Le roi!

 

ALBERT

Quoi?

 

ALPHONSE

Il se meurt.

 

ALBERT

Qui ça?

 

ALPHONSE

LE ROI!

 

ALBERT, à Alfred

Tu y comprends quelque chose toi?

 

ALFRED

Le roi se meurt.

 

ALBERT, à Alphonse

Tu vas mourir!?!

 

ALPHONSE

Non puisque je ne jouerai pas.

 

ALBERT

Ah.

 

ALFRED

Hum.

 

Ils attendent.

 

ALFRED, soudainement illuminé

AH!! Le roi se meurt!!!

 

ALBERT

Ah oui Le roi se meurt!!! D'accord. (un temps) Mais c'est absurde.

 

ALPHONSE

Pas du tout! La mort n'a rien d'absurde.

 

ALBERT

Non pas la mort, ta peur.

 

ALPHONSE

Ma peur? Quelle peur?

 

ALBERT

Ta peur de mourir.

 

ALPHONSE

Je n'ai pas peur, je ne veux pas c'est tout.

 

ALBERT

Parfait, puisque tu ne vas pas mourir.

 

ALPHONSE

Bien sûr que oui!

 

ALFRED

Ça c'est sûr, il va mourir.

 

ALBERT

Euh... oui... oui... mais... pas maintenant... pas ici... aujourd'hui.

 

ALFRED

On ne sait pas.

 

ALPHONSE

Non parce que je ne jouerai pas ce roi qui meurt.

 

ALBERT

Exactement!

 

ALFRED

Exactement?

 

ALPHONSE

Voilà!

 

ALBERT

Oui exactement... le personnage pas l'acteur!

 

ALFRED

Oui le roi est un personnage.

 

ALPHONSE

Je suis le roi.

 

ALBERT

Non... enfin oui... mais pas celui-ci... enfin oui puisque tu l'es... mais pas le même... enfin pas complètement, pas tout à fait.

 

ALFRED

Ah.

 

ALBERT

Tu es un roi qui ne meurt pas et tu es un acteur qui joue un roi qui meurt.

 

ALPHONSE

Mais je suis un roi qui meurt.

 

ALFRED

Il a raison.

 

ALBERT

Oui, bon.

 

Ils cherchent. Ils attendent.

 

ALBERT

Bon on commence, tu te mets ici et tu dis ton texte.

 

Alfred se rassoit sur la chaise pour regarder.

 

ALPHONSE

« Je comprends. C'est un complot. Vous voulez que j'abdique. »

 

ALFRED, outré il se lève,

Mais je n'ai rien comploté du tout!

 

Ils le regardent étonné.

 

ALFRED, comprenant soudain

Ah c'est le roi... ah oui bon d'accord. Continuez. Il se rassoit.

 

ALPHONSE

Bon je reprends. « Je comprends. C'est un complot. Vous voul... » Non non voilà j'en étais sûr. Il le voit bien lui (pointant Alfred) que je vais mourir. Voilà j'abdique.

 

Alphonse prend le centre de la scène, les autres le regardent, il meurt.

 

ALBERT

Bon qu'est-ce que je deviens maintenant, sans acteur. Je ne suis plus rien.

 

ALFRED

Et mon papier moi. Qu'est ce que j'écris?

 

 

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Conversation

Lys - Le savais-tu?

Rose - Quoi

Lys - Ben ...

Rose - Ah ça.

Lys - Ouin.

Rose - Non.

Lys  - Non!

Rose - Ben non.

Lys - Ah bon.

Rose - Pourquoi?

Lys - Pourquoi quoi?

Rose - Ben...

Lys - Ah ça.

Rose - Ouin.

Lys - Rien.

Rose - Rien?

Lys - Rien.

Rose - Ah bon.

Elles sortent.

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Folie culinaire

Discours

Un homme - Je crois en la malbouffe, aux sacs de chips graisseux, à la friture et au hamburger. Je crois qu'il est faux de dire que bien manger est bon pour la santé. Je crois que la liberté de manger ce qu'il nous plait est bien supérieur comme effet bénéfique sur l'être humain que la privation et la censure du désir primal que la sensation de manger une poutine à 4 heures du matin après une soirée bien arrosée, procure. Je crois que priver un enfant de sucreries nuit à son bonheur. Le rayonnement dans les yeux et le bonheur sur la langue d'un gigantesque suçon ou la fonte de la barbe à papa sur les papilles sont bien supérieurs et meilleurs pour la santé du cœur qu'une branche de brocoli qui se flétrit dans le contenant en plastique gris du lunch d'un enfant le midi. Je crois en la liberté des aliments et la relation qu'ils entretiennent avec le corps humain.

Plus tard ce jour là...

L'homme - Tu veux des frites pour dîner?

L'enfant - Ils ont dit à la télé qu'il fallait manger cinq fruits et légumes par jour.

L'homme - Ben oui... des frites ça vient de la ...

L'enfant - La patate!

L'homme - Et la patate c'est un ...

L'enfant - Légume!

L'homme - Yes bonhomme, et un légume de moins à manger pour aujourd'hui!

L'enfant - Avec du ketchup.

L'homme - Avec du  ketchup. Qui vient de la ...

L'enfant - Tomate!

L'homme - Qui est un...

L'enfant - Fruit!

L'homme - Non. Un légume.

L'enfant - Ah non la tomate c'est un fruit!

L'homme - Un fruit, un légume...you say  tomato... I say tomâto... you say potato... I say potâto... Alouette gentille alouette... Hééé Goodbye... I love you in the morning and underneath the moon!

L'annonceur  - Le bonheur est dans la sauce et dans la barbe à papa!

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Temps d'amour

Une année

52 semaines

365 jours

8 760 heures

525 600 minutes

31 536 000 secondes... d'amour pour tous!

Oups... plus un jour

24 heures

1 440 minutes et

86 400 secondes de plus en 2008... Merveilleux!

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Les matous

Ô le chat du Pharaon, cet homme un peu rond

Courant vers Mai, féline de Glaé la fée

Hop deux trois bonds et bedon contre bedon                         

Ils se sont câlinés, caressés du bout du nez

Puis Pinpon le mastodonte du gros Jambon

S'est présenté canines acérées prêt à mâcher!

 

Et moi Lily de mon rire cristallin j'ai chassé le vilain

L'affectueux matou débarrassé du filou

En gracieux félin a entraîné sa belle sous le sapin

Des sons tout doux sont parvenus du trou

Je devinais le malin assouvissant sa faim

Et moi Lily Blue j'aime les matous amoureux fous!

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Aller de-venir

J'ai toujours su moi Lily que je deviendrais ce que je deviens car devenir est le destin que je me suis fixée devant. Petite je regardais de bas en haut maintenant sur les côtés parce le paysage est important.  Le ciel autour du pourtour plus grand que la demie du miroir que la terre nous expose c'est vrai il y a plus de ciel que ce que l'on voit, toujours plus que ce que l'on voit.

Devenir, de-venir d'où, du ventre de la mère de vague de la terre du vent qui pousse. Venir de devant d'avant, aller derrière reculer devant. Aller quelque part. De paysage de haut de bas moi Lily la Blue je deviens.

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